Comment écrire un script de vidéo explicative qui enseigne
La plupart des scripts de vidéo explicative décrivent l’écran : « Ici, on voit un schéma du cœur. » Le spectateur le voit déjà. Un script qui enseigne dit ce que l’image signifie et ce qu’il faut en faire : « Posez la main sur votre poitrine. Ce battement, c’est le côté gauche de votre cœur qui chasse le sang. » Voici comment écrire le second, ligne par ligne, avec un script d’exemple complet à la fin.
Par Arnault, cofondateur · 25 octobre 2026 · 8 min de lecture
Enseigner, pas décrire : la seule règle d’un script de vidéo explicative
Imaginons que vous prépariez une leçon de deux minutes sur le cœur. À l’écran, un superbe cœur en 3D, et votre premier jet dit : « Ici, on voit le cœur. Il a quatre cavités. Le ventricule gauche est le plus grand. »
Tout est vrai, et presque rien n’est enseigné. Le spectateur voit déjà le cœur. La voix dépense ses secondes sur ce que les yeux ont fait gratuitement, et ne dit jamais pourquoi c’est important.
Maintenant, la même image avec une autre phrase : « Posez la main bien à plat à gauche de votre poitrine. Ce battement, c’est le côté gauche de votre cœur qui se contracte et envoie le sang dans tout le corps. » Le spectateur fait quelque chose, ressent quelque chose, et relie l’image à son propre corps.
Toute la règle est là. L’image montre ; la voix enseigne. Une narration qui enseigne dit « vous », donne des repères (quoi faire, quoi remarquer, quoi éviter) et dit ce que l’image signifie. Elle ne relit jamais l’écran.
Ce « vous » repose d’ailleurs sur la recherche. Richard E. Mayer, le psychologue à qui l’on doit une bonne part de ce que l’on sait sur l’apprentissage par l’animation narrée, l’appelle le principe de personnalisation : on apprend mieux avec un style conversationnel qu’avec un style formel.
Avant, après : décrire ou enseigner
Quatre phrases tirées de premiers jets typiques, chacune réécrite pour enseigner. La seconde version donne toujours au spectateur quelque chose à faire, à remarquer ou à chercher.
Avant : « Ici, on voit un schéma du cœur. » Après : « Posez la main sur votre poitrine. Ce battement, c’est le côté gauche de votre cœur qui chasse le sang. »
Avant : « Ce graphique montre la température de l’eau au fil du temps. » Après : « Regardez la courbe devenir plate à 100 degrés. La chaleur continue d’arriver : où passe-t-elle ? Elle transforme l’eau en vapeur. »
Avant : « Dans cet extrait, l’athlète effectue un squat. » Après : « Poussez les genoux vers l’extérieur en descendant. Gardez le poids sur les talons, pas sur les orteils. »
Avant : « Cet écran présente les trois étapes de l’intégration client. » Après : « Votre nouveau client signe lundi. D’ici vendredi, il doit avoir fait trois choses. Voici la première. »
#52Vidéo bientôt disponible
Les phrases « avant » nomment l’image ; les phrases « après » s’en servent. Si supprimer une phrase ne coûte rien à la vidéo, c’est qu’elle décrivait.
Comment écrire le script d’une vidéo explicative, étape par étape
Écrivez comme si vous l’expliquiez à une seule personne assise à côté de vous. Puis vérifiez ligne par ligne.
Une idée par ligne. Chaque ligne a son image. Si une ligne demande deux images, ce sont deux lignes.
Des phrases parlées courtes : 15 mots au plus, cinq ou six secondes de voix. Lisez la ligne à voix haute. Si vous devez reprendre votre souffle au milieu, coupez-la en deux.
Dites « vous ». « Vous allez le sentir à l’arrière des cuisses » enseigne ; « les ischio-jambiers sont sollicités » décrit.
Posez la question avant la réponse. « Alors, d’où vient tout ce bois ? » pousse le spectateur à deviner, et deviner donne envie de connaître la réponse.
Donnez des chiffres concrets. « L’arbre a pris 74 kilos ; la terre a perdu à peine 60 grammes » reste en tête. « L’arbre a gagné une masse importante » glisse sans laisser de trace.
Laissez une pause avant la phrase clé. Dans Clipteach, une ligne vide entre deux paragraphes est une courte respiration dans la voix, et une fois la vidéo faite, vous pouvez ajouter une pause après n’importe quelle scène.
Terminez sur la phrase à retenir, dite simplement. Une phrase, pas un résumé.
Lisez tout le script à voix haute une fois avant de lancer quoi que ce soit. Chaque endroit où vous butez est une phrase écrite pour être lue, pas pour être entendue.
Écrire les [notes] : diriger les scènes sans dire un mot
Un script vidéo a deux couches : ce que dit la voix et ce que montre l’écran. Dans Clipteach, vous écrivez les deux dans un seul texte. Tout ce qui est entre [crochets] est une note : la voix ne la lit jamais, et le réalisateur IA la prend comme consigne pour les lignes qui suivent.
Placez chaque note sur sa propre ligne, juste avant les mots qu’elle illustre. Visez le concret : ce qui apparaît, dans quel ordre, et le texte exact de chaque étiquette, entre guillemets. Les couleurs et les positions aident. [Une feuille, dessinée en grand, les rayons du soleil dessus, le mot « sucre » écrit à l’intérieur] en dit bien plus au réalisateur que [photosynthèse].
C’est là que va la description. « Un cœur, son côté gauche éclairé » a sa place dans une note, pour le réalisateur. Libérée de la description, la voix peut enseigner.
Une note [SCREEN] indique où passe l’un de vos enregistrements d’écran : les mots qui la suivent forment l’emplacement de cet enregistrement, jusqu’à la note suivante. Écrivez ces lignes comme un guide aux côtés du spectateur (« Cliquez sur Créer, puis collez votre leçon »), pas comme une visite de l’interface.
Vous enregistrez plutôt votre propre voix ? Utilisez la zone « Script et notes » à côté de votre enregistrement pour dire au réalisateur quoi montrer et quoi mettre en valeur.
Un script de vidéo pédagogique complet, avec ses notes
Voici un court script écrit en suivant chaque étape ci-dessus : six notes, six lignes parlées, environ une demi-minute dans le style Doodle. Collez-le tel quel dans Clipteach, sans « Réécrire en narration » : la voix lit les lignes et les notes dirigent les dessins.
[Un verre d’eau, dessiné trait par trait, un glaçon qui flotte à la surface.]
Mettez un glaçon dans un verre d’eau. Pourquoi ne coule-t-il pas ?
[À côté, une casserole de cire fondue, avec un morceau de cire solide posé au fond. Un point d’interrogation rouge entre les deux.]
D’habitude, un solide coule dans son propre liquide : la cire coule dans la cire fondue.
[Des molécules d’eau en petits cercles : serrées et en désordre sous « eau », espacées en hexagones bien rangés sous « glace ».]
Quand l’eau gèle, ses molécules s’assemblent selon un motif qui prend plus de place.
[Un grand nombre, « 9 % », avec les mots « plus de place » en bleu.]
Environ neuf pour cent de plus. Plus légère à volume égal, la glace flotte.
[Un iceberg, dessiné en grand, coupé par la ligne de la mer, la partie immergée en bleu, avec l’étiquette « 90 % dessous ».]
Voilà pourquoi un iceberg ne montre que sa pointe : environ neuf dixièmes sont sous l’eau.
[Un lac gelé : une couche de glace en surface, des poissons qui nagent dans l’eau sombre en dessous. Puis la caméra recule sur tout le tableau.]
C’est aussi pourquoi les lacs gèlent par le haut, et les poissons passent l’hiver dessous.
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La voix ne dit jamais « voici un verre » ni « ce schéma montre ». Les notes portent les images. Chaque ligne parlée pose une question, explique ou désigne quelque chose que vous pouvez vérifier vous-même.
Réécriture activée ou désactivée : qui écrit la narration ?
Avec « Réécrire en narration » activé, vous collez votre matière brute, une leçon, vos notes ou un article, et le rédacteur IA en tire une narration parlée, à la durée choisie. C’est la voie rapide quand vous avez le contenu mais pas encore de script.
Réécriture désactivée, votre texte est la narration, lu mot pour mot, et vos [notes] parviennent au réalisateur. Réécriture activée, elles n’y parviennent pas : le rédacteur écrit une narration simple. Donc, une fois votre script écrit comme le décrit cet article, laissez la réécriture désactivée et gardez chaque mot.
Dans les deux cas, rien n’est figé : cliquez sur n’importe quelle scène dans le studio pour changer son texte, ou demandez à l’assistant vidéo, avec vos mots. Vous préférez parler plutôt qu’écrire ? Enregistrez la leçon avec votre propre voix : chaque scène arrive sur le mot auquel elle correspond.
Nous imposons cette règle à notre propre IA. Choisissez « L’IA raconte » sur un clip muet, une série à la salle ou un exercice, et la narration coache à partir de ce que montre le clip : quoi faire, quoi sentir, quoi éviter. Voyez-le sur des clips de sport.
Et si vous vous demandez pourquoi un dessin qui apparaît au moment où le mot est dit marche si bien, c’est la lecture suivante : pourquoi l’animation whiteboard fonctionne.
FAQ
Vos questions, nos réponses.
Quelle longueur pour le script d’une vidéo explicative ?
Aussi court que l’idée le permet. Une ligne parlée d’environ 15 mots dure cinq ou six secondes : une vidéo explicative d’une minute fait donc à peu près dix à douze lignes, environ 150 mots. La règle d’une idée par ligne empêche de tricher.
Quelle différence entre le script d’une vidéo explicative et celui d’une vidéo pédagogique ?
Une vidéo explicative montre souvent comment une chose fonctionne ; une vidéo pédagogique veut que le spectateur la comprenne et s’en serve. La méthode est la même : enseigner, pas décrire.
Faut-il écrire le script soi-même ou laisser l’IA l’écrire ?
Si vous avez de la matière brute et peu de temps, activez « Réécrire en narration » et choisissez la durée. Si chaque ligne compte pour vous, écrivez-la avec cette méthode, ajoutez vos [notes] et laissez la réécriture désactivée.